Découvertes à la Tour de Béruges

Découvertes à la Tour de Béruges

Jusqu’à présent les connaissances sur la tour de Ganne (dite « de Guyenne ») restent lacunaires, malgré la réalisation de plusieurs études comme celles de René Crozet ou plus récemment celles de Gérard Roy. L’histoire et la fonction de cet édifice est mal connue et mérite qu’on s’attelle à son étude, sa préservation et sa sauvegarde.

Depuis l’année dernière une étude universitaire est menée ; elle a déjà permis d’obtenir plusieurs informations notamment sur l’histoire du monument et de Béruges pour les XIIe et XIIIe siècles. La découverte de vestiges datant de l’époque médiévale suppose la présence d’un centre religieux ou d’un siège seigneurial à Béruges dès le Haut Moyen Âge. Mais ce n’est qu’à partir de 1124, que les textes mentionnent la présence d’un castrum à Béruges, ce qui suppose une présence seigneuriale. Durant le XIIIe siècle, Béruges fut dominé consécutivement par différents seigneurs et cela dans un laps de temps court. En effet, au début du siècle, la seigneurie de Béruges semble être annexée par la châtellenie de Montreuil-Bonnin, qui appartient alors à Bouchard de Marle. Puis vers 1230, Blanche de Castille alors régente de France aurait remis la châtellenie de Montreuil-Bonnin à Hugues X de Lusignan, comte de la Marche. En 1242, à la suite de la révolte d’Hugues X face à Alphonse de Poitiers, le roi Louis X décide d’attaquer le comte et lui confisque plusieurs biens, dont la tour de Ganne qu’il aurait démantelée.

Les premiers résultats de l’étude du bâti tendent à démontrer que la tour fut bâtie durant une même grande campagne de construction. De nouveaux éléments ont permis de proposer une nouvelle datation pour ce monument. Dans les années 1940, René Crozet suggérait que la tour de Ganne fut bâtie durant la première moitié du XIIe siècle. Or, les observations faites au niveau de l’éperon permettent d’envisager une datation début XIIIe siècle. A l’heure actuelle des connaissances, l’éperon n’apparaît dans l’Ouest de la France qu’au début du XIIIe siècle.

Pour l’instant, l’étude privilégie l’hypothèse qu’Hugues X fut le commanditaire de la tour de Ganne. Puisqu’en effet, à Château-Larcher, autre seigneurie appartenant au comte de la Marche jusqu’en 1242, il faut noter la présence d’une tour dont le plan est proche de celui de la tour de Ganne. Cet élément et l’importante fortune dont bénéficiait Hugues X, alors comte de la Marche et d’Angoulême, permettent de supposer qu’il fut à l’initiative du chantier de la tour de Béruges.

Mais d’autres hypothèses sont envisageables, d’où l’importance d’approfondir l’étude de cet édifice en analysant les éléments caractéristiques de la tour de Ganne, à l’exemple de son plan pentagonal à éperon. Ou par la réalisation de fouilles archéologiques dans le but de mieux percevoir la fonction de l’édifice mais aussi pour tenter de préciser sa datation et compléter l’étude du bâti de la tour.

E. Roux d’après E. Guillon

Version complète – http://musee.beruges.fr/musee-et-site/la-tour-de-beruges/